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Message au masculin

Il y a quelques semaines, à l’occasion d’un anniversaire, je me suis retrouvée entourée de femmes. Elles étaient toutes d’origines différentes : françaises, suédoises, anglaises, tchèques, allemandes… Françaises expatriées à Bali. Françaises expatriées aux Etat-Unis. Brunes. Blondes. Petites. Grandes. Bavardes. Timides. Végétariennes. Pas végétariennes. Trentenaires. Quarantenaires. Elles étaient toutes différentes et pourtant , elles avaient toutes quelque chose en commun qui m’a frappée : elles étaient seules.

Par « seules », je ne veux pas dire « célibataires », délaissées ou vivant dans la solitude. J’entends plutôt : seules à traverser les tempêtes de l’existence. Seules face à l’adversité. Seules dans leurs univers faits de lumière et de chaos. Seules dans leurs vies, dans les épreuves, dans les moments forts, dans les moments de faiblesse. Seules aussi dans les joies, les heureux événements et les célébrations. Seules même lorsqu’elles sont accompagnées et que quelqu’un partage leur vie, car viscéralement indépendantes, libres. Par choix, certes, mais aussi par « force ». Notre nature sauvage émerge de tellement des façons. Et alors je me suis posée la question suivante : où sont passés nos autres ?

Depuis quelques temps, j’ai cette impression étrange que les hommes ont totalement disparu du paysage – ou plutôt devrais-je dire “le masculin”, qui pourrait tout aussi bien être incarné par une femme étant donné que les deux polarités ne sont pas reliées à un genre. Bien sûr, ils sont là physiquement, je les vois au détour des rues, je les vois à la terrasse des cafés, je les vois passer. Je les vois comme des hologrammes. Je les vois aussi sur les applications mobiles (de mes copines, car je ne les utilise pas) et les réseaux sociaux. Certains envoient même un message, entament une conversation derrière leur écran. Mais les rendez-vous, (surtout) lorsqu’ils sont virtuels, sont généralement des rendez-vous manqués. Car dans la vie, dans le quotidien et la réalité, c’est comme si il n’y avait plus personne – ne vous méprenez pas, je ne suis pas en train de formuler une plainte personnelle, je ne sens pas spécialement concernée… Il s’agit plutôt d’une observation générale.

J’ai souvent entendu dire qu’il était difficile pour un homme d’être avec une femme qui s’assume. Qu’il était intimidant d’avancer à nos côtés lorsque nous avons notre vie bien en main, quand nous avons le « pouvoir », quand nous sommes puissantes. Apparemment, un homme ne trouverait pas sa place auprès d’une femme émancipée et libérée du poids de la société, des conditionnements cultures, de l’éducation, de la famille, de la moralité. Une femme affranchie.

Bien sûr, il est si important de se construire de façon individuelle avant de se réunir. Si important de se découvrir seule. Et d’ailleurs, nous entendons souvent que c’est seulement lorsque nous osons nous donner à nous-mêmes ce que nous attendons d’un autre, que nous pouvons alors rencontrer quelqu’un dans notre vibration. Sans amour de soi, pas d’amour tout court. Nous entendons aussi que notre réalité n’est que le fruit de nos pensées, ce qui reviendrait à dire que si nous sommes « seules » c’est que nous l’avons choisi et manifesté d’une certaine façon.

Pourtant, quelque chose me dit que beaucoup de ces femmes ont déjà transcendé tout cela. Elles sont déjà allées à la rencontre d’elles-mêmes, elles ont traversé des nuits noires de l’âme, elles ont tout donné. Et je ne crois pas non plus que parce qu’elles ont un masculin développé, parce qu’elles sont aussi des femmes d’action, elles ne créent pas l’espace nécessaire à accueillir un autre.

Le masculin serait-il donc plus long à s’éveiller ? Car, pour être à la hauteur de femmes comme cela, il faut déjà être relié à sa dimension sacrée en tant qu’Homme. On ne peut aller à l’encontre du timing de l’univers… Néanmoins j’ai quand même envie aujourd’hui de vous interpeller, vous les hommes : NOUS AVONS « BESOIN » DE VOUS. Oh non, nous n’avons pas besoin que vous nous preniez en charge, que vous remplissiez un devoir ou que vous subveniez à nos besoins… Nous faisons déjà cela très bien seules mais cela ne veut pas dire pour autant que nous n’avons pas besoin de vous.

Nous avons besoin de vous non pas en tant qu’être dominateur, avide de pouvoir ou à la recherche d’un statut social. Nous avons besoin de vous dépossédé de votre ego, non gouverné par l’ambition, sans la peur de se montrer vulnérable ou de faire le bien autour de soi. Avoir du cœur n’est pas seulement réservé aux femmes. Nous avons besoin de vous pour lutter contre les injustices, même contre des hommes. Nous avons besoin que vous utilisiez votre force physique et mentale non pas pour en faire une arme mais pour semer le bien.

Nous avons besoin que vous nous aimiez, que vous nous considériez comme des égales, des partenaires complémentaires. Nous avons aussi besoin que vous nous voyez comme les déesses que nous sommes, cela ne veut pas dire que vous nous laissez vous dominer. Nous avons besoin que vous compreniez que le sexe peut être destructeur, et par conséquent que vous privilégiez l’honnêteté. Mais surtout, nous avons besoin que vous compreniez que vous faites parti d’un tout et que, pas plus que nous, rien n’est à votre disposition sur terre.

Et vos actes ont un impact sur le monde.

Photo par Marine Graham.

2 réflexions au sujet de « Message au masculin »

  1. Très beau texte et je rejoins sur ta vision.
    J’ai partagé ton lien de ton article pour que plusieurs personnes puissent lire et partager ton message plein de bon sens.

    1. Merci pour le partage.

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