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Ocean : my forever home

Il n’y a pas de meilleurs endroits qu’à l’intérieur de soi.

Parfois, nous oublions cela et cherchons où nous réfugier, dans des choses superficielles, des distractions du quotidien, des paradis artificiels. Des fuites répétitives qui nous empêchent d’être présents et de regarder à l’intérieur. Alors qu’un abri comme il n’en existe aucun autre nous attend juste en dedans. Une maison qui a cela d’improbable qu’elle est à la fois en nous, et à l’extérieur de nous.

Elle est partout où nous sommes. Et partout où nous ne sommes pas encore aussi…

Je ne me suis jamais sentie aussi seule et dépossédée que lorsque je suis dans la foule et le bruit. Je me suis longtemps demandée si j’étais bizarre ? Alors qu’en réalité, les gens, l’agitation, me déconnectent de ma maison. C’est pourquoi je prends souvent la fuite, d’abord en laissant mon regard se perdre dans les abimes, puis en courant jusqu’à « chez moi ». Et, alors que j’entends enfin le silence se faire autour, le silence peut se faire aussi en moi.

Dans l’océan, je suis livrée à moi-même. Même si d’autres rament non loin de là, il n’y a souvent personne autour. Et pourtant, je ne suis jamais seule. Car je suis connectée à tous les éléments. C’est là, précisément, où je nettoie ma maison : celle dans laquelle j’habite toujours.

Souvent, les gens qui surfent disent que lorsqu’ils sont à l’eau, ils ne pensent plus à rien, ils méditent, ils sont en synergie avec tout ce qui les entoure, ils font le vide. C’est à la fois très vrai et très faux. Quand je suis dans l’eau, je pense à n’en plus finir. Je décortique, je trie, j’analyse, je ressasse, je réfléchis, je juge, je cogite. Puis, je me prends une grosse claque salée dans la gueule. Et, alors que l’océan me remet à ma place, je me tais.

Ce qu’il se passe après, je ne peux le décrire. Je m’en souviens, et pourtant j’ai oublié.

Quand je sors de l’eau, je suis nettoyée. Je peux rentrer chez moi – ou plutôt, y rester. C’est la plénitude. Et je n’ai plus qu’à me rappeler le chemin pour y retourner chaque fois que j’en ai envie. Le chemin qui mène à la paix, le contentement, l’acceptation, la gratitude. Jusqu’à avoir totalement oublié, et qu’il faille retourner dans l’eau pour tout nettoyer à nouveau, et me rappeler comment y aller. Chez moi.

photo : Marine Graham

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