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Puis-je être honnête avec vous ?

C’est merveilleux de voir des millions d’individus se mobiliser pour toutes les vies ravagées par les feux en Australie. Les animaux, l’urgence climatique, la forêt… Mais tout cela fait aussi émerger une réalité hypocrite à notre sujet que nous refusons de voir.

Il est si évident pour l’humain de clamer haut et fort pendant une journée à quel point il se soucie du climat, de la nature, de la vie sur terre, des océans… Mais le jour suivant, nous avons déjà oublié ce qui vient de se produire, et retournons à notre quotidien sans nous poser aucune question. Nous passons si rapidement à autre chose, nous fermons si vite les yeux – aussi vite que nous nous sommes embrasés le jour précédent pour une cause qui avait pourtant l’air de nous tenir tant à cœur.

Aujourd’hui, deux options s’offrent donc à nous : s’émouvoir une journée et passer à autre chose le jour suivant. Et rien ne changera jamais, jusqu’à ce que nous nous éteignons – et j’ose à peine imaginer dans quelles circonstances. Ou bien contribuer à la solution TOUS LES JOURS. Et alors une nouvelle ère sera peut-être rendue possible. Mais il est absolument insignifiant de se mobiliser une journée pour une catastrophe, et ne rien faire tous les autres jours de l’année pour que les choses changent durablement. Ceci n’est pas un jugement mais un constat : nous avons tous été là à un moment de notre vie, à nous indigner sans pour autant nous remettre en question ou prendre des initiatives. Maintenant que nous en avons conscience, nous n’avons plus aucune excuse pour refuser à prendre cela en considération.

Nous devons aussi ouvrir les yeux sur les contradictions qui nous habitent : nous nous révoltons qu’un million d’animaux aient trouvé la mort dans les feux en Australie, mais nous sommes indifférents aux 3 millions d’animaux que nous tuons tous les jours pour nous nourrir, alors même que nous avons des alternatives qui fonctionnent très bien – les bienfaits d’un régime végétarien ne sont plus à prouver, que ce soit pour la planète ou pour la santé ! Ce n’est pas la seule chose… Pouvons-nous aussi faire un effort vestimentaire : acheter moins de nouveaux vêtements et porter plus ce que nous avons ? Réutiliser ? Echanger ? Pouvons-nous prendre le train plutôt que l’avion ? Pouvons-nous utiliser moins de plastique – nous savons tous aujourd’hui que le recyclage n’est pas non plus la solution. Qu’en est-il réellement de la situation ? De ce que nous faisons au quotidien, de nos habitudes ? Qu’avons-nous mis en place ?

Je suis d’autant plus indignée que nous sommes (ici) une communauté éveillée. De part mes activités, je vois partout des femmes qui font du Yoga, qui s’intéressent au chamanisme, qui organisent des séjours sur le féminin et le sacré, des cérémonies de pleine Lune, des cercles de femmes. Nous sommes donc de plus en plus en communion avec un esprit que nous détruisons. Je ne comprends pas.

Nous nous devons d’aligner nos mots avec nos actions, autrement tout cela ne veut absolument rien à dire. Tout cela n’a aucun sens. La crise climatique ne va pas miraculeusement disparaître du jour au lendemain. Elle va continuer, elle va s’aggraver. Ces évènements terrifiants vont se faire de plus en plus nombreux. Nous ne pouvons pas attendre davantage sous prétexte que cela n’est pas encore une véritable urgence – ça l’est déjà ! Nous nous refusons juste à le voir. Nous ne sommes plus non plus en mesure de dire que les faits sont contestables, la réalité est là : sous nos yeux.

Nous avons déjà les solutions pour inverser la tendance, mais pour cela nous devons changer la manière dont nous vivons. Nous pouvons mettre la pression sur les personnes qui nous « dirigent » et leurs entreprises, nous pouvons encourager la population à agir. C’est très bien. Mais nous devons surtout changer nos habitudes.

« Ce n’est qu’une paille en plastique », disent 7 milliards d’habitants.

Photo par : Avrile Vasquez

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