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En quoi sont liés changement climatique et nutrition

Comment ce que nous mettons dans nos assiettes impactent directement les émissions de gazes à effet de serre et, donc, le réchauffement climatique. Mais aussi comment nous pouvons changer cela, en nous positionnant en tant que consommateurs responsables…

Vous le savez déjà, nous nous trouvons à un tournant écologique très inquiétant. Il faut dire que la situation dans les médias ne fait rien pour arranger cela. Avez-vous remarqué que les personnalités contestant le changement climatique bénéficient depuis des années de plus d’attention médiatique que les climatologues reconnus ? Vous allez me dire : oui et alors ? Et bien c’est entre autre pour cette raison que le grand public rencontre une immense confusion au sujet du réchauffement, et que la lutte contre ce-dernier est perpétuellement retardée.

Or, retarder encore et encore le passage à l’action pourrait avoir des effets irréversibles sur certains de nos écosystèmes, avec à long terme une augmentation considérable des émissions (de gaz à effet de serre) qui, surprise, vont accélérer le réchauffement climatique.

Cela me rend dingue de constater que nous mettons tous nos efforts à débattre de si oui ou non, l’activité humaine est responsable du changement climatique, plutôt que de mettre tous ces efforts dans l’action et de changer cela avant qu’il ne soit trop tard. La science est tout de même l’outil le plus fiable sur lequel baser nos pensées et nos actions, or presque 100% des climatologues s’accordent à dire que l’humain est responsable du réchauffement. Pour autant, nous sommes toujours en train de remettre en question cette théorie…

Je n’arrive pas à concevoir cela… C’est comme si les gens n’avaient pas encore compris que ce n’est pas la Terre qui est menacée d’extinction – ce qui est serait tout autant dramatique – mais bien l’Humanité. La planète, elle, aura le dernier mot quoi qu’il arrive… Mais certainement pas nous !

Souvent, j’entends dire les gens que ce n’est pas directement de notre faute, que notre marge de manoeuvre est très faible étant donné que tout repose sur un modèle économique corrompu, des multinationales qui refusent de changer leur mode d’opération, des personnalités davantage préoccupées par l’argent plutôt que par la planète. Certes, tout cela est vrai, mais il serait un peu hypocrite de blâmer uniquement le système, car nous avons le système que nous méritons.

C’est donc indispensable : nous devons nous éduquer nous-même afin de ne pas tomber dans le panneau du marketing qui nous incite à consommer à outrance, en causant toujours plus de tort à l’environnement. Nous avons besoin de reconnaître qu’en tant que consommateurs, nous avons tout le pouvoir, notamment celui de changer l’ordre des choses. Si nous cessons d’acheter, ou plutôt : si nous décidons d’acheter différemment, en choisissant par exemple des produits provenant uniquement d’une stratégie de développement durable, alors le modèle changera progressivement et, avec lui, l’impact sur l’environnement. Je ne suis pas idéaliste, je suis réaliste.

L’une des premières choses qui est entre nos mains, c’est l’émission carbone émanant de nos habitudes alimentaires et des modes de production qui leur sont associés – il y a des tas d’études à ce sujet, il suffit de faire quelques recherches pour le découvrir. Depuis 1961, la consommation par personne d’huiles végétales et de viande a plus que doublé, alors que la consommation de calories alimentaires a augmenté d’un tiers. La chercheuse Debra Roberts explique que « certains régimes alimentaires nécessitent plus de terres et d’eau et entraînent davantage d’émissions de gaz que d’autres ». Pour info, environ 820 millions de personnes souffrent de la faim, deux milliards d’adultes sont obèses ou en surpoids et 30% de la nourriture serait perdue.

Pour en découvrir plus, je vous invite à lire ceci : Comment l’exploitation des sols participe au réchauffement climatique.

Qui est responsable de cela ? Nous. Personne ne pourra en effet jamais contredire cela : nous choisissons ce que nous achetons, ce que nous mangeons et la façon dont nous faisons tout cela. Il ne tient donc qu’à nous de réduire le gaspillage et d’adopter un régime différent, plus approprié à nos véritables besoins et à la survie de notre espèce – qui passe par la protection de notre planète. C’est vrai, nous sommes totalement responsables de ce que nous mettons dans nos cadis, dans nos assiettes et dans nos estomacs. Si nous entreprenons des changements drastiques, de sorte que nous réduisons notre impact sur le climat, le système sera bien obligé de s’adapter car la demande aura changé. L’acte d’achat détermine l’acte de production. C’est aussi « simple » que cela.

A lire aussi : Des experts alertent sur la consommation de viande.

Ne me méprenez pas : je consomme moi-même encore de la viande et ne suis pas 100% vegan, pour tout un tas de raisons – même si c’est un objectif que j’aimerais atteindre. Cependant, j’ai considérablement réduit ma consommation de produits d’origine animalière de manière générale, et la plupart d’entre eux ne proviennent pas d’une industrie maltraitant les animaux ou d’industries transformant les aliments. Ces décisions ne sont pas uniquement liées à l’endroit où je vis… Ce sont des choix que je fais délibérément dans mon mode de consommation, et qui sont devenues des habitudes. Et je suis convaincue que, où que nous soyons, nous pouvons nous adapter. Car il n’est pas question de tout changer radicalement, mais plutôt de retrouver un équilibre dans notre manière de consommer.

Comme l’a très justement dit Anne-Marie Bonneau : “We don’t need a handful of people doing zero waste perfectly. We need millions of people doing it imperfectly.”

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